L'aube s'est aujourd'hui levée sur un monde nouveau. Un monde sans couleurs, sans saveurs. Mon doux, mon tendre, mon merveilleux amant, je l'ai perdu. La force des sentiments ne dépend pas toujours du temps écoulé ; peu de gens peuvent le comprendre. Si tomber amoureux est fréquent et banal, il existe cependant un état irréel et indescriptible de sensations qui transporte votre cœur dans un univers dont vous n'auriez jamais soupçonné l'existence. Cela m'est arrivé une fois dans ma vie et je pensais que plus jamais cela ne se représenterait. C'est alors qu'est apparu celui que je nomme Séverin (dieu que j'aimerais user de son vrai prénom, mais je m'en abstiendrai).
Le maelstrom sentimental qui semblait ne devoir rester à jamais qu'un doux et nostalgique souvenir, s'est à nouveau emparé de moi. Aujourd'hui devasté, mon cœur n'est qu'une morne plaine où plus rien ne semble vouloir pousser.
Je me trouve pour l'instant dans la première phase qui suit la rupture : la dénégation. Le refus d'accepter que cela soit fini. La phase où l'on se met à rêver de choses impossibles qui n'arriveront jamais, le cœur ne pouvant se résoudre à quitter cet univers si merveilleusement bienfaisant. Alors l'esprit divague : on a envie d'envoyer des messages, comme autant de SOS jetés à la mer, comme si quoi que ce soit que l'on puisse ajouter pouvait faire changer d'avis l'être aimé ; on se met à rêver qu'il va se rendre compte de son erreur et revenir vers nous, autant de choses si pathétiquement utopiques. Le cœur affolé par tant de souffrances ne sait plus trop à quoi se raccrocher pour survivre. Personnellement, ma thérapie, je la connais : je vais écrire, et encore écrire. De cet exorcisme littéraire sortiront sans nul doute (et sans prétention aucune) de belles créations ; les plus belles, de toute façon, n'émergent que de la douleur, du chagrin profonds.
Pour terminer, car les larmes commencent à me gagner, je voudrais remercier ici du fond du cœur mon cher lance. Il a eu la lourde tâche de me recueillir hier dans un état lamentable et les jours qui suivent ne seront pas une sinécure ! Je ne sais pas ce que je ferais sans lui dans un moment pareil. Merci à toi, lance, pour ta présence et ton soutien qui vont m'être de précieux alliés. Gros bisous tendres et affectueux.